La peur

La peur : une émotion primaire et fondamentale

La peur est une émotion primaire qui répond à une situation dangereuse ou perçue comme telle. Le stress est une réponse physiologique à la peur. Selon une étude récente menée par Paul Ekman interrogeant 248 scientifiques travaillant sur les émotions, 90% d’entres eux identifient la peur comme une émotion universelle.

La peur est une émotion fondamentale pour l’adaptation des êtres humains et des animaux à leur environnement. Sans une dose de peur naturelle, il n’y aurait pas de survie car celle-ci est la réaction qui nous alerte en présence de dangers réels et nous permet de faire face à ces situations après les avoir reconnues comme dangereuses.

Si la peur, l’anxiété et l’angoisse désignent trois réalités distinctes en psychologie, elles peuvent toutefois être considérées comme trois degrés d’un même état physiologique, celui du stress.

Le stress

Le stress est une réponse physiologique à une situation dangereuse ou perçue comme tel. Il est intimement lié à la peur.

Lors d’une agression (ou d’un événement perçu comme tel), le cerveau déclenche la réaction de stress. La respiration s’accélère pour apporter plus d’oxygène, le foie produit du glucose pour apporter l’énergie suffisante, les glandes surrénales produisent de l’adrénaline, le cœur accélère, le système nerveux produit de la noradrénaline et enfin mobilise les muscles principaux au profit des muscles et des fonctions moins essentielles sur le moment (croissance des os, digestion).

Si la difficulté est surmontée, des systèmes de régulation permettent au corps de récupérer pour un « retour à la normale ».

Dans le cas contraire, c’est l’épuisement.
Les défenses immunitaires s’affaiblissent et peuvent provoquer des maladies infectieuses et inflammatoires (colon irritable par ex.), un risque de maladies cardiovasculaires, de troubles digestifs, une production accrue de cortisol, des maladies de peau (dermatoses, eczéma, psoriasis, des herpès…), une hypertension artérielle.

Une mauvaise gestion du stress peut provoquer des troubles de l’humeur, des syndromes post traumatique, un burn out, de l’anxiété, une dépression.

Angoisses, anxiété, et peurs

Nous vivons chaque jour les angoisses, l’anxiété, les inquiétudes de toutes ces petites peurs du quotidien. Les êtres humains, même si certains d’entres eux sont souriants et sympathiques, restent de véritables machines à peur.

peur de l'inconnu

Si nous utilisons le mot peur pour désigner toutes nos inquiétudes, alors nous avons de quoi avoir peur en permanence : peur de ne pas nous endormir, peur de ne pas nous réveiller à l’heure, peur de tomber malade, peur de décevoir, peur de faire du mal, peur d’échouer, peur de ne pas y arriver…

De la même façon qu’il n’existe pas de limite à l’imagination, il n’existe pas non plus de limite à nous inventer des peurs. La liste des peurs semble illimitée : la peur de l’avion, la peur de parler en public, la peur de la maladie, la peur de perdre, la peur de l’échec, mais aussi la peur de la réussite, la peur de la solitude, la peur des animaux… Bien souvent toutes ces peurs cachent des peurs plus fondamentales, qui nourrissent généralement toutes les autres : la peur de l’abandon et la peur du rejet.

Finalement, le point commun de toutes ces peurs : être dans l’incapacité de gérer les conséquences d’un événement. Probablement alors que la reine des peur est la peur de l’inconnue. Herman Hesse écrit à son propos : « la racine de chacune de nos peurs est l’inconnu, la peur du pas mal assuré et de la chute dans le vide ».

Si ressentir la peur est « normal », les problèmes surgissent lorsque ces peurs s’activent au-delà de ce qui est réellement vécu et qu’elles s’expriment de façon disproportionnée. Comme pour nos autres réactions émotionnelles, lorsque la peur dépasse un certain seuil, elle nous bloque et nous rend incapable d’agir de façon adaptée aux événements.

Ainsi donc, la différence entre la peur comme émotion naturelle utile et la peur comme réaction problématique réside dans le fait que la première augmente notre capacité à gérer la réalité alors que la seconde, au contraire, limite et peut aller jusqu’a bloquer cette capacité, nous enchainant au coeur de la prison de la panique, de l’angoisse, des phobies…

 

Accompagner la peur avec l’hypnose

La peur est souvent le signe que quelque chose est à dépasser, à aller plus loin et bien souvent elle indique aussi de belles choses comme le désir et les motivations qui se cachent derrière.

C’est dans l’action que va se renforcer le sentiment d’autonomie, le sentiment de fierté, la confiance en soi, l’estime de soi.

Ne pas passer à l’action finit par vivre sa vie dans un sentiment d’impuissance, d’avoir des regrets, et souvent l’idée d’être passé à coté de sa vie.

Laisser les peurs gouverner,

c’est souvent le sentiment de passer à coté de sa vie.

 

Si l’hypnose permet de travailler sur ses émotions, sur leur acceptation, sur leur régulation, le travail va souvent consister à dépasser ses peurs, à s’en libérer, s’en affranchir quand elles ne sont pas utiles ou ne sont pas en adéquation avec nos souhaits et nos désirs.

Le cerveau apprend en généralisant. Il suffit d’observer une fois un élément à 4 pieds, une assise, pour comprendre le concept de chaise. A chaque fois que nous voyons une chaise, notre cerveau l’identifie sans que nous ayons à refaire un effort particulier. Si la généralisation est fort utile pour apprendre sans délivrer trop d’efforts inutiles, à d’autres endroits, la généralisation peut poser problème.
Dans une expérience de vie où nous nous sommes sentis mal, notre cerveau aura tendance à généraliser cette expérience à tout ce qui peut y ressembler.

Derrière une peur, il y a un désir…

Faire de ses peurs une force, un moteur, alors qu’elles sont souvent ressenties comme une faiblesse, est parfois tout l’enjeux d’un accompagnement. Désapprendre ses peurs, déconstruire des enchainements émotionnels devenus automatiques, et reconstruire une nouvelle vision, un nouveau chemin, un nouveau possible nous permet d’agir et d’interagir avec le monde de la meilleure façon possible.

 

Aller plus loin sur la peur

Le message de la peur

Liée à la physiologie du stress, la peur constitue un signal qui nous indique qu’il est temps de passer à des stratégies de défense, et nous permet de réagir à une menace. Charles Darwin décrit ainsi la peur :

« La peur est souvent précédée de l’étonnement, dont elle est proche, car les deux mènent à une excitation des sens de la vue et de l’ouïe… Les yeux et la bouche sont grands ouverts. L’Homme effrayé commence par se figer comme une statue, immobile et sans respirer, ou s’accroupit comme instinctivement pour échapper au regard d’autrui. Le cœur bât violemment, et palpite… La peau est très affectée par une grande peur, nous le voyons dans la façon formidable dont elle sécrète immédiatement de la transpiration… Les poils sur la peau se dressent et les muscles superficiels frissonnent. Du fait du changement de rythme cardiaque, la respiration est accélérée. Les glandes salivaires agissent de façon imparfaite ; la bouche devient sèche, est souvent ouverte. »

Expression faciale de la peur

Les signaux communs sont les yeux très ouverts, les lèvres étirées horizontalement et les sourcils relevés et tirés ensemble. Il peut y avoir un mouvement d’évitement. Les cris peuvent accompagner une peur intense. Les signaux de peur moindre peuvent inclure une respiration lourde, une position de la tête légèrement vers l’arrière et l’écart et des lèvres étirées horizontalement accompagnées des muscles du cou serrés.

Comme toutes les émotions, la peur délivre un message à sa propre intention et à l’intention des autres. Elle est le signal d’une menace réelle, d’un appel à l’aide.

L’intensité émotionnel de la peur

La peur contient à la fois l’anxiété et la terreur. L’intensité de ces états varie : on peut ressentir une anxiété légère ou forte, mais on ne peut ressentir qu’une terreur intense. Tous les états de peur sont déclenchés par une menace de préjudice.

  • Inquiétude : Anticipation de la possibilité de danger.
  • Nervosité : Incertitude quant à savoir s’il existe un danger.
  • Anxiété : Peur d’une menace ou une incertitude anticipée ou réelle sur sa capacité à y faire face.
  • Crainte : Anticipation d’un danger grave.
  • Désespoir : Réponse à l’incapacité de réduire le danger.
  • Panique : Peur soudaine et incontrôlable.
  • Horreur : Mélange de peur, de dégoût et de choc.
  • Terreur : Peur intense et envahissante.

 

Les réponses et expressions comportementales de la peur

Le moment d’attention

La peur s’active pour que nous nous focalisions sur la situation. L’attention augmente, nous analysons la situation afin d’agir ou de réagir en conséquence.

La peur du danger imminent – la fuite

Tout le corps s’active. Nous fuyons pour notre survie.
Dans cet état, les contraintes sociales sont levées. Il suffit pour s’en convaincre d’observer un mouvement de foule ou nous sommes prêt à piétiner notre voisin pour nous échapper.

La peur du moment fatal – la thanatosis

La plupart des personnes ayant eu des accidents de voiture décrivent que tout se passe comme au ralenti. Nous ne ressentons pas la douleur ni d’autre sensation. Tous les processus inutiles à la survie sont coupés.
La peur du moment fatal permet d’éviter la douleur de la mort et aussi de déjouer les prédateurs en leur faisant relâcher leur attention.

La rage défensive – le combat

Nous n’avons plus le choix et devons nous battre pour notre propre survie.
Tous le corps et tous les muscles s’activent au maximum. Cette peur peut s’activer pour soi-même ou pour quelqu’un d’autre, comme les histoires de ces mères qui soulèvent une voiture pour sauver leur enfant.

Toutes ces réactions ont des signatures différentes dans le cerveau, qui peut les réactiver à des échelles d’intensité variables si les situations entrent en résonance avec un traumatisme ancré, « appris » plus tôt dans sa vie.

  • Eviter : Rester physiquement loin de la menace ou s’empêcher d’y penser.
  • Se figer : Devenir incapable d’agir ou de parler.
  • Hésiter : Etre dans le doute ou l’indécision, souvent momentanément.
  • Ruminer : Penser de façon obsessionnelle à une expérience émotionnelle passée.
  • Crier : Perdre le contrôle de son discours, voix haute et forte.
  • Fuir : Quitter la scène de la menace, physiquement ou mentalement .

Les peurs innées ou fondamentales

Aussi naissons nous avec des peurs innées, fondamentales et communes à tous les êtres humains. Ce sont les peurs qui nous ont été transmises par nos ancêtres et ont permis les mécanismes de survie à des époques où le monde était plus incertain. Ronald Ruden nous parle de ces peurs programmées qu’il convient d’envisager dans un contexte de survie dans un monde hostile, pour mieux les comprendre.

Dès que le cerveau reconnait une de ces peurs inconditionnelles, l’amygdale s’active et la réponse au de stress et de peur avec, automatiquement en ne demandant aucune validation du conscient.

Ceci est très naturel et nous avons tous vécu tout ou partie de ces peurs :

  • La peur du noir
    • Nous ne voyons pas la nuit et sommes en danger. C’est la raison pour laquelle un grand nombre de scènes au cinéma qui font peur se déroulent dans le noir.
  • La peur de l’inconnu
    • Peur des situation nouvelles, dans ce cadre là, nous ne sommes pas en mesure d’anticiper, et pouvons nous sentir en danger.
  • La peur du vide
    • Cette peur est celle que vous ressentez lorsque votre pied rencontre le vide suite à un faux pas ou à un sol qui se dérobe.
  • La peur des grands espaces
    • C’est un des déclencheur de l’agoraphobie. Dans un espace large, nous n’avons pas la possibilité de nous cacher et nos capacités à fuir sont limitées en tant qu’être humain face à des prédateurs souvent beaucoup plus rapides.
  • La peur des prédateurs au sol ou volant
    • Insectes, serpents, certains oiseaux…
  • La peur d’étouffer
    • Cette peur est liée au besoin naturel de respirer.
  • La peur d’être piégé
    • Cette peur est le déclencheur de la claustrophobie.
  • La peur de l’abandon
    • Cette peur est innée aux mammifères. Lorsque nous naissons, si nous sommes abandonnés, nous mourrons.
  • La peur du rejet
    • Dans nos tribus anciennes, être rejeté du groupe était bien pire que la mort elle-même. Livrés à nous-même, exclus d’une communauté, seuls en territoire hostile, nous sommes en danger de mort.

 

Comprendre et dépasser ses peurs

En dehors des peurs fondamentales, la seule façon de se débarrasser d’une peur est de la regarder en face, de l’affronter et de la traverser.

Il arrive parfois qu’un travail préalable soit nécessaire pour traverser ses peurs. Trouver les ressources, développer des capacités, changer son regard sur cette peur. C’est souvent un travail que nous effectuons sous hypnose.

Quand on y pense, demander vous quelles étaient les peurs que vous avez rencontrez dans votre vie et que vous avez dépassées ? Parfois en y repensant, on peut en sourire, ou se dire qu’il en reste un petit peu, mais quand une peur est dépassée, ce qui semblait être un Himalaya s’avère être beaucoup plus insignifiant, non ? Pensez à ce que vous ressentez quand vous vous dites que vous avez dépassé cette peur. Un sentiment de fierté peut-être ou quelque chose comme ça, n’est-ce pas ?

La peur est souvent le signe que quelque chose est à dépasser, à aller plus loin et bien souvent elle indique aussi de belles choses comme les besoins, le désir et les motivations qui se cachent derrière.

C’est dans l’action que va se renforcer le sentiment d’autonomie, le sentiment de fierté, la confiance en soi, d’estime de soi.

Ne pas passer à l’action finit par vivre sa vie dans un sentiment d’impuissance, d’avoir des regrets, et souvent l’idée d’être passé à coté de sa vie.

Accepter qu’une part de peur puisse être présente dans une action autorise à aller vers les désirs, ses besoins, ce qui est important pour nous.

En séance nous pourrons travailler sur les ressources nécessaires, ce que vous dites à propos de cette peur, avoir une approche symbolique, diminuer les résonances émotionnelles et vous permettre de passer à l’action.

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José Colleatte


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