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Dépasser ses peurs avec l’hypnose

L’hypnose et l’EMDR sont deux pratiques, qui, quand elles sont mises en complémentarité, offrent des possibilités plutôt intéressantes pour dépasser une peur.

Une peur est souvent le résultat d’un apprentissage, d’une expérience. Nous apprenons la plupart de nos peur, et les dépassons, naturellement des centaines de fois, sans même nous en rendre compte. Demandez-vous quelles sont les peurs que vous avez rencontrées dans votre vie et que vous avez dépassées ? Parfois en y repensant, on peut en sourire, ou se dire qu’il en reste un petit peu, mais quand une peur est dépassée, ce qui semblait être un Himalaya s’avère être beaucoup plus insignifiant, non ? Pensez à ce que vous ressentez quand vous vous dites que vous avez dépassé cette peur … Peut-être un sentiment de fierté ou quelque chose comme ça, n’est-ce pas ?

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– 1h30 –
Dépasser une peur

Angoisses, anxiété et peurs

 
La peur, l’anxiété et l’angoisse désignent trois réalités distinctes en psychologie, elles peuvent toutefois être considérées comme trois degrés d’un même état physiologique.

Nous vivons chaque jour les angoisses, l’anxiété, les inquiétudes de toutes ces petites peurs du quotidien. Les êtres humains, même souriants et sympathiques, restent de véritables machines à peurs.

Si nous utilisons le mot peur pour désigner toutes nos inquiétudes, alors nous avons de quoi avoir peur en permanence : peur de ne pas nous endormir, peur de ne pas nous réveiller à l’heure, peur de tomber malade, peur de décevoir, peur de faire du mal, peur d’échouer, peur de ne pas y arriver …

De la même façon qu’il n’existe pas de limites à l’imagination, il n’existe pas non plus de limites à nous inventer des peurs. La liste des peurs semble infinie : la peur de l’avion, la peur de parler en public, la peur de la maladie, la peur de perdre, la peur de l’échec, mais aussi la peur de la réussite, la peur de la solitude, la peur des animaux… Bien souvent toutes ces peurs cachent des peurs plus fondamentales, qui nourrissent généralement toutes les autres.

Finalement, le point commun de toutes ces peurs est d’être dans l’incapacité de gérer les conséquences d’un événement. Probablement alors que la reine des peur est la peur de l’inconnu. Herman Hesse écrit à son propos : “la racine de chacune de nos peurs est l’inconnu, la peur du pas mal assuré et de la chute dans le vide”.

Ressentir la peur est “normal”. Les problèmes surgissent lorsque ces peurs s’activent au-delà de ce qui est réellement vécu et qu’elles s’expriment de façon disproportionnée. Comme pour nos autres réactions émotionnelles, lorsque la peur dépasse un certain seuil, elle nous bloque et nous rend incapable d’agir de façon adaptée aux événements.

Ainsi la différence entre la peur comme émotion naturelle utile et la peur devenue une réaction problématique réside dans le fait que la première augmente notre capacité à gérer la réalité alors que la seconde, au contraire, limite et peut aller jusqu’à bloquer cette capacité, nous enchaînant au cœur de la prison de la panique, de l’angoisse, des phobies …

 

Accompagner la peur avec l’hypnose

 
Le cerveau apprend en généralisant. Il suffit d’observer une fois un élément à 4 pieds et une assise pour comprendre le concept de chaise. A chaque fois que nous voyons une chaise, notre cerveau l’identifie sans que nous ayons à produire un effort particulier. Si la généralisation est fort utile pour apprendre sans mobiliser trop d’efforts, à d’autres endroits la généralisation peut poser problème.
Dans une expérience de vie où nous nous sommes sentis mal, notre cerveau aura tendance à généraliser cette expérience à tout ce qui peut y ressembler.

La peur est souvent le signe que quelque chose est à dépasser. Elle nous invite à la prudence, et bien souvent elle indique aussi de belles choses comme les besoins, le désir et les motivations qui se cachent derrière.

L’hypnose permet de travailler sur ses émotions, sur leur acceptation, sur leur régulation, le travail va souvent consister à dépasser ses peurs, à s’en libérer, s’en affranchir quand elles ne sont pas utiles ou ne sont pas en adéquation avec nos souhaits et nos désirs.

Il arrive parfois qu’un travail préalable soit nécessaire pour traverser ses peurs : trouver les ressources, développer des capacités, changer son regard sur cette peur et vous permettre de passer à l’action.

En effet, c’est dans l’action que va se renforcer le sentiment d’autonomie, le sentiment de fierté, la confiance en soi, d’estime de soi. Ne pas passer à l’action procure un sentiment d’impuissance, nourrit les regrets et l’idée d’être passé à côte de sa vie. Accepter qu’une part de peur puisse être présente dans une action, autorise à aller vers les désirs, ses besoins, ce qui est important pour nous.

Laisser les peurs gouverner, c’est souvent nourrir le sentiment de passer à côté de sa vie.

Faire de ses peurs une force, un moteur, alors qu’elles sont souvent ressenties comme une faiblesse, est parfois tout l’enjeu d’un accompagnement. Désapprendre ses peurs, déconstruire des enchaînements émotionnels devenus automatiques, et reconstruire une nouvelle vision, un nouveau chemin, un nouveau possible nous permet d’agir et d’interagir avec le monde de la meilleure façon possible.

 

Les caractéristiques de la peur

 
La peur est une émotion primaire. C’est une émotion fondamentale pour l’adaptation des êtres humains et des animaux à leur environnement. Sans une dose de peur naturelle, il n’y aurait pas de survie car elle est la réaction qui nous alerte en présence de dangers réels et nous permet de faire face à ces situations dangereuses ou perçues comme telle.

Selon une étude récente menée par Paul Ekman interrogeant 248 scientifiques travaillant sur les émotions, 90% d’entres eux identifient la peur comme une émotion universelle.
 

Le message de la peur

Liée à la physiologie du stress, la peur constitue un signal signifiant qu’il est temps de passer à des stratégies de défense, et nous permet de réagir à une menace. Charles Darwin décrit ainsi la peur :

“La peur est souvent précédée de l’étonnement, dont elle est proche, car les deux mènent à une excitation des sens de la vue et de l’ouïe… Les yeux et la bouche sont grands ouverts. L’Homme effrayé commence par se figer comme une statue, immobile et sans respirer, ou s’accroupit comme instinctivement pour échapper au regard d’autrui. Le cœur bât violemment, et palpite… La peau est très affectée par une grande peur, nous le voyons dans la façon formidable dont elle sécrète immédiatement de la transpiration… Les poils sur la peau se dressent et les muscles superficiels frissonnent. Du fait du changement de rythme cardiaque, la respiration est accélérée. Les glandes salivaires agissent de façon imparfaite ; la bouche devient sèche, est souvent ouverte.”

Gérer le stress avec l’hypnose

Gérer le stress avec l’hypnose

La gestion du stress est une demande très forte en cabinet. Vouloir baisser son niveau de stress, mieux appréhender des situations de stress chronique, voire en sortir, font régulièrement parti du travail en hypnose.
Gérer les émotions avec l’hypnose

Gérer les émotions avec l’hypnose

Si certaines personnes cherchent à libérer des émotions, d'autres souhaitent mieux les maitriser, les contrôler afin de retrouver un équilibre, une sérénité dans les actes de vie au quotidien.

Expression faciale de la peur

Les signaux communs sont les yeux très ouverts, les lèvres étirées horizontalement et les sourcils relevés et tirés ensemble. Il peut y avoir un mouvement d’évitement. Les cris peuvent accompagner une peur intense. Les signaux de peur moindre peuvent inclure une respiration lourde, une position de la tête légèrement vers l’arrière et l’écart et des lèvres étirées horizontalement accompagnées des muscles du cou serrés.

Comme toutes les émotions, la peur délivre un message à sa propre intention et à l’intention des autres. Elle est le signal d’une menace réelle, d’un appel à l’aide.

 

L’intensité émotionnelle de la peur

La peur contient à la fois l’anxiété et la terreur. L’intensité de ces états varie : on peut ressentir une anxiété légère ou forte, mais on ne peut ressentir qu’une terreur intense. Tous les états de peur sont déclenchés par une menace de préjudice.

  • Inquiétude : Anticipation de la possibilité de danger
  • Nervosité : Incertitude quant à savoir s’il existe un danger
  • Anxiété : Peur d’une menace ou une incertitude anticipée ou réelle sur sa capacité à y faire face
  • Crainte : Anticipation d’un danger grave
  • Désespoir : Réponse à l’incapacité de réduire le danger
  • Panique : Peur soudaine et incontrôlable
  • Horreur : Mélange de peur, de dégoût et de choc
  • Terreur : Peur intense et envahissante

 

Les réponses et expressions comportementales de la peur

Toutes ces réactions ont des signatures différentes dans le cerveau. Il peut les réactiver à des échelles d’intensité variables si les situations entrent en résonance avec un traumatisme ancré, “appris” plus tôt dans sa vie.

  • Éviter : Rester physiquement loin de la menace ou s’empêcher d’y penser
  • Se figer : Devenir incapable d’agir ou de parler
  • Hésiter : Être dans le doute ou l’indécision, souvent momentanément
  • Ruminer : Penser de façon obsessionnelle à une expérience émotionnelle passée
  • Crier : Perdre le contrôle de son discours, voix haute et forte
  • Fuir : Quitter la scène de la menace, physiquement ou mentalement

 

Les peurs innées ou fondamentales

 

Nous naissons avec des peurs innées, fondamentales et communes à tous les êtres humains. Ce sont les peurs qui nous ont été transmises par nos ancêtres et ont permis les mécanismes de survie à des époques où le monde était plus incertain. Ronald Ruden nous parle de ces peurs programmées qu’il convient d’envisager dans un contexte de survie dans un monde hostile, pour mieux les comprendre.

Dès que le cerveau reconnaît une de ces peurs inconditionnelles, l’amygdale s’active automatiquement, en ne demandant aucune validation du conscient.

Ceci est très naturel et nous avons tous vécu tout ou partie de ces peurs :

  • La peur du noir
    • Nous ne voyons pas la nuit et sommes en danger. C’est la raison pour laquelle un grand nombre de scènes au cinéma qui font peur se déroulent dans le noir
  • La peur de l’inconnu
    • Peur des situation nouvelles. Dans ce cadre-là, nous ne sommes pas en mesure d’anticiper, et pouvons nous sentir en danger
  • La peur du vide
    • Cette peur est celle que vous ressentez lorsque votre pied rencontre le vide suite à un faux pas ou à un sol qui se dérobe
  • La peur des grands espaces
    • C’est un des déclencheur de l’agoraphobie. Dans un espace large, nous n’avons pas la possibilité de nous cacher et nos capacités à fuir sont limitées en tant qu’être humain face à des prédateurs souvent beaucoup plus rapides
  • La peur des prédateurs au sol ou volant
    • Insectes, serpents, certains oiseaux…
  • La peur d’étouffer
    • Cette peur est liée au besoin naturel de respirer
  • La peur d’être piégé
    • Cette peur est le déclencheur de la claustrophobie
  • La peur de l’abandon
    • Cette peur est innée aux mammifères. Lorsque nous naissons, si nous sommes abandonnés, nous mourrons
  • La peur du rejet
    • Dans nos tribus anciennes, être rejeté du groupe était bien pire que la mort elle-même. Livrés à nous-mêmes, exclus d’une communauté, seuls en territoire hostile, nous sommes en danger de mort

 

Si la plupart de nos peurs sont apprises, l’hypnose permet de la repositionner à sa juste place, en permettant de dépasser ces peurs apprises, et de faire en sorte que les peurs fondamentales ne s’expriment qu’a leur juste mesure, sans jamais chercher à les éliminer totalement. Apaiser les peurs offre souvent la sensation d’une liberté nouvelle, la possibilité de faire ce que nous devons faire au moment ou il est nécessaire de le faire, sans craintes qui ne soient pas réelle.

 

Les études scientifiques sur la peur et l’hypnose

 
Après quatre séances d’ hypnose supplémentaires , les symptômes du patient ont de nouveau disparu. Au cours de sa dernière session, nous avons partagé une pizza, fournissant des preuves claires et convaincantes qu’elle avait surmonté sa peur d’avaler. (voir l’étude)

Les avantages d’utiliser des éléments hypnotiques et l’ hypnose en dentisterie pédiatrique sont évidents pour les patients qui expriment leur peur ou leur anxiété. (voir l’étude)

La littérature indique que l’hypnothérapie peut réduire la douleur et la peur en cas de phobie dentaire ou médicale. (voir l’étude)

La neutralisation de l’anxiété, de la peur et de la tension dues à l’hypnose entraîne une diminution généralisée de l’activité du système nerveux autonome, ce qui a pour effet de réduire le stress qui contribue à la maladie. (voir l’étude)

L’hypnothérapie a été utilisée après que des méthodes antérieures de psychothérapie n’avaient pas permis de soulager les patients de leurs symptômes. Les traitements étaient axés sur le soulagement des peurs, le sentiment d’impuissance, l’anxiété, l’isolement social et la dépréciation de soi. La maîtrise de l’hypnose équivaut à une réduction des symptômes et à une augmentation de l’estime de soi.(voir l’étude)

L’expression physiologique de la peur est le stress. Pour en savoir plus à propos des études scientifiques sur la peur, vous pouvez consulter les études scientifique mettant en avant une réduction du stress (et de la peur) dans la rubrique stress.