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La neuroplasticité cérébrale comme vecteur de changement en hypnose

La plasticité neuronale, également appelée neuroplasticité ou plasticité cérébrale, peut être définie comme la capacité du système nerveux à modifier son activité en réponse à des stimuli internes ou externes, en réorganisant sa structure, ses fonctions ou ses connexions.

hypnose et méditation

Les connexions cérébrales jouent un rôle déterminant dans nos connaissances et nos habiletés. Apprendre, c’est changer la façon dont les neurones sont connectés les uns aux autres.

Séance individuelle

– 1h30 –

Hypnose – Techniques de mémorisation

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Nous pouvons être tentés de considérer le cerveau comme une machine ou un ordinateur précâblé, dont la structure serait stable après un certain âge.

Depuis près de 4 siècles la science décrit le cerveau comme un organe figé, une machine composée de parties accomplissant chacune une fonction spécifique dans une zone donnée.
Récemment encore, les chercheurs étaient convaincus que le cerveau d’un adulte ne pouvait plus changer et que les connexions cérébrales se mettaient en place de façon définitive au cours de l’enfance.

C’est le point de vue qui a longtemps été adopté par la science, proposant une approche du cerveau comme immuable.

Toutes les recherches récentes nous montrent qu’il faut totalement revoir cette conception du cerveau. Nous savons aujourd’hui que le cerveau change sans cesse, à chaque pensée, à chaque sensation, à chaque expérience.

Le cerveau se réorganise, s’adapte, se modifie. C’est un organe éminemment adaptatif, éminemment plastique.

La plasticité neuronale, également appelée neuroplasticité ou plasticité cérébrale, peut alors être définie comme la capacité du système nerveux à modifier son activité en réponse à des stimuli internes ou externes en réorganisant sa structure, ses fonctions ou ses connexions.

Neuroplasticité au coeur des apprentissages

Dès la naissance, et tout au long de la vie, nous apprenons sans cesse. Nous apprenons à nous déplacer, à parler, puis, à l’école, nous apprenons à lire, à écrire, à compter et à développer de multiples autres compétences. Même à l’âge adulte, nous continuons constamment à apprendre pour nous adapter et nous développer tant dans notre vie personnelle que professionnelle.

Nos souvenirs, nos pensées, ce que nous pensons du monde, ce que nous pensons des autres, ce que nous pensons de nous-même, notre façon d’agir, notre façon de réagir, sont tous des processus issus de notre apprentissage.
L’apprentissage est la cause de ce qui rend chacun unique. Nous sommes qui nous sommes, ou qui nous pensons être, grâce à ce que nous avons appris et à la trace que ces apprentissages ont laissée dans notre cerveau (les engrammes).

Les apprentissages nous permettent de nous adapter, d’anticiper, de nous souvenir de telle ou telle stratégie, de nous souvenir que cette situation a été difficile, que telle autre a été agréable…

En associant du savoir à du savoir, des ressentis à des situations, notre cerveau va en permanence percevoir, stocker, remémorer, traiter de l’information afin de nous permettre de survivre, de répondre à nos besoins fondamentaux.

Les neurones sont un des éléments de transmission de l’information du système nerveux central (en charge de faire circuler les informations dans l’ensemble de notre corps). Ils sont des petits porteurs de messages électriques et chimiques. Ils se connectent les uns aux autres afin de distribuer l’information dans différentes structures cérébrales ou organiques. A mesure que le cerveau apprend, les neurones vont se structurer, se lier ou se délier en fonction des besoins, construisant sans cesse les connexions qui nous sont utiles et déconstruisant celles qui ne le sont plus. Notre cerveau présente en effet la remarquable capacité de pouvoir modifier ses connexions neuronales. Pour mieux comprendre cette neuroplasticité, fondamentale dans tout apprentissage, nous allons voir comment les neurones s’activent et peuvent se modifier.

Un cerveau distribué, parallèle de l’émergence des systèmes complexes

Notre cerveau est constitué d’environ 100 milliards de neurones capables d’établir chacun jusqu’à 10.000 connexions. Le nombre de connexions potentielles est donc 1 million de milliards. Notre cerveau compte également des cellules gliales, en nombre 10 à 50 fois plus important que les neurones. Si pendant longtemps les cellules gliales ont été vues comme des cellules subalternes, on sait aujourd’hui qu’elles jouent un rôle fondamental dans les vitesses de transmission neuronale, qu’elles participent à la régulation, à la synchronisation et au renforcement de certains réseaux de neurones. Les cellules gliales sont au cœur de la plasticité cérébrale en établissant elles aussi des connexions, à la fois entre elles et avec les neurones.

Observer le cerveau dans toutes ces dimensions oblige à considérer un ensemble d’éléments qui, à leurs différentes échelles, répondent à des caractéristiques, physiques, chimiques, quantiques, chaotiques, systémiques, organiques… depuis les atomes, les enzymes, les neurotransmetteurs, jusqu’aux systèmes synchrones et asynchrones des régions cérébrales, de leurs interconnexions à la base de nos comportements et de nos pensées.

Dans son ouvrage, Spinoza avait raison, Antonio Damasio propose que : “Même si certaines régions impliquées dans le déroulement de tel ou tel phénomène sont d’une importance majeure, les processus de l’esprit et du comportement résultent de l’opération concertée de nombreuses régions constituant les systèmes cérébraux, grands et petits. Aucune des grandes fonctions de l’esprit humain — la perception, l’apprentissage et la mémoire, l’émotion et le sentiment, l’attention, le raisonnement, le langage, le mouvement — ne s’effectue dans un seul et unique centre du cerveau.”

Aujourd’hui, nous savons que notre cerveau est un système largement parallèle et distribué, avec ses propres centres de décision et d’intégration. Jour après jour, il ne s’arrête jamais de gérer nos pensées, nos désirs, et notre corps.

Au-delà des connectivités, des cellules, des atomes, notre cerveau est sous influence des raffinements apportés par la génétique et des apprentissages liés à notre activité. Il s’agit d’un cerveau structuré, non aléatoire, avec des traitements automatiques, un ensemble d’aptitudes sous certaines contraintes, et une capacité générale résultant de la sélection naturelle et de l’évolution. Nos capacités cognitives sont séparées et représentées dans l’espace par différentes parties du cerveau, chacune avec des réseaux et des systèmes nerveux distincts. Nous avons aussi des systèmes qui fonctionnent simultanément en parallèle distribué à travers tout le cerveau. Cela signifie que notre cerveau a plusieurs systèmes de contrôle, et non un seul. De ce cerveau provient notre histoire personnelle, ce qui ne nous dissuade en rien de penser qu’il existe un “toi”, un “soi”, qui décide en chacun de nous.

Notre cerveau est un système complexe. Un système complexe se compose de nombreux systèmes différents qui interagissent et produisent des propriétés nouvelles. Celles-ci dépassent la somme de leurs parties et ne peuvent se réduire aux propriétés des parties.  On parle alors d’émergence, ou encore de règles applicables en fonction du niveau d’organisation. L’émergence apparaît lorsque des systèmes complexes au niveau microscopique et loin de l’équilibre (ce qui permet une amplification des phénomènes aléatoires) s’auto-organisent (adoptant un comportement créatif, auto-généré, cherchant l’adaptabilité) en de nouvelles structures dotées de nouvelles propriétés qui n’existaient pas auparavant et forment de nouveaux niveaux d’organisation macroscopiques.

L’émergence peut être dite faible. Les nouvelles propriétés apparaissent comme le résultat des interactions à un niveau élémentaire, selon une perspective déterministe. Dans le cas des molécules d’eau, leur cristallisation en glace est un phénomène qui n’appartient ni à l’hydrogène, ni à l’oxygène, ses constituants. Il s’agit toutefois d’un phénomène qui peut s’expliquer à partir des propriétés de l’hydrogène et de l’oxygène.

L’émergence peut être dite forte. Les propriétés émergentes sont irréductibles. Elles sont plus que la somme des parties. Les lois ne peuvent être prédites par une théorie fondamentale sous-jacente. On peut citer deux exemples d’émergence qui semblent fortes : l’apparition de la vie à partir de l’inanimé, et l’émergence de la conscience.

Le point clé pour appréhender l’émergence est de comprendre qu’il existe différents niveaux d’organisation. Un exemple classique est celui du trafic routier. Si vous examinez les éléments d’une voiture (les roues, les pistons, etc …) vous ne pourrez jamais prédire l’état du trafic autoroutier. Vous ne pourrez pas non plus le faire en utilisant un niveau d’organisation plus élevé qui serait par exemple celui de voiture. C’est de l’interaction entre toutes les voitures, leurs chauffeurs, la société, ses lois, la météo, la période… que va pouvoir émerger le trafic routier. Ainsi un nouveau groupe de lois émerge, qui n’était pas prévisible à partir des seules parties.

Hebb, comment l’expérience affecte l’apprentissage ?

En 1947, Donald O. Hebb a montré que l’expérience peut affecter l’apprentissage. Il est l’un des premiers chercheurs à proposer un modèle expliquant ce qui provoque des modifications de connexions neuronales dans le cerveau. Il est aussi l’un des premiers à soutenir que la pensée et le comportement résultent de la façon dont les neurones sont interconnectés. Les travaux de Hebb liés aux effets de l’apprentissage sur les connexions neuronales ont ouvert, avec d’autres, la voie à l’étude de la neuroplasticité.

environnement enrichi plasticité cérébrale

Pour déterminer les effets de l’expérience précoce sur l’apprentissage, Hebb a élevé des rats comme animaux de compagnie, chez lui, et a montré qu’une expérience enrichie pendant le développement (changement de contexte entre le laboratoire et chez lui, rencontre avec ses enfants, stimulations diverses, jeux…) abouti à l’amélioration de l’apprentissage du labyrinthe à l’âge adulte. Il a également noté que leur cerveau était plus lourd que celui des rats qui restaient dans un environnement pauvre.
Bien que ces résultats n’ont été publiés que sous forme de résumé lors d’une réunion de l’American Psychology Association, ils ont constitué la base de nombreuses études sur les effets de l’enrichissement environnemental sur le comportement et le développement neuronal, l’un des concepts les plus importants de la psychologie du développement, qui influence la recherche encore aujourd’hui.

Plasticité synaptique

Le neurone

Chaque neurone est constitué d’un axone et de dendrites. Les dendrites reçoivent les influx nerveux d’autres neurones pour les transmettre vers l’axone, qui lui-même va transmettre cet influx aux neurones suivants. La connexion entre neurones s’effectue au niveau de la synapse. Les dendrites correspondent à la matière grise du cerveau,  l’axone et certaines cellules gliales à la matière blanche.

Tous les neurones ne sont pas similaires, certains types de neurones ne semblent présents que chez certaines espèces. Un type de neurones pourrait avoir des propriétés uniques chez une espèce donnée. S’il arrive que les humains et les souris partagent parfois des similitudes, chacun reste libre d’observer jusqu’où une souris ressemble, dans ses schémas de pensée, à un être humain.

Neurone

Les dentrites

D’une manière générale, une des caractéristiques majeures des cellules nerveuses est de pouvoir former des réseaux interconnectés via l’établissement de contacts synaptiques. Les dendrites d’un neurone donné portent des connexions axonales afférentes établies par d’autres cellules nerveuses plus ou moins nombreuses. Le nombre total de ces connexions est fonction en particulier de la taille de l’arborisation dendritique, laquelle permet au neurone d’intégrer un nombre plus ou moins important d’informations distinctes. L’axone établit avec d’autres neurones un ou plusieurs contacts synaptiques et transmet une information sortante (efférente), parfois sur de longues distances.
La mise en place et la stabilisation des circuits connectant les neurones entre eux est une étape cruciale du développement du système nerveux central. De son bon déroulement va dépendre le développement harmonieux des fonctions cérébrales.
Dans ce contexte, le développement des dendrites est particulièrement critique. La taille, mais aussi la morphologie de l’arborisation dendritique, déterminent la formation des contacts synaptiques.
Au cours du développement du cerveau, les dendrites sont très dynamiques et connaissent de nombreux remodelages. Ces remodelages font partie intégrante de la neuroplasticité cérébrale.

Epines dendritiques

Nous voyons ainsi que chaque neurone va être connecté à un ou plusieurs neurones, de proche en proche. Certaines réponses cérébrales vont activer une population de neurones, une zone cérébrale, en fonction du traitement en cours.

Au niveau cellulaire un neurone est généralement connecté à environ 10 000 autres neurones. Ainsi, l’activation d’un neurone ne dépend généralement pas de l’action d’un seul neurone, mais bien de l’action concertée de nombreux neurones. C’est alors tout un réseau de neurones dans une région cérébrale spécifique qui va s’activer. Plusieurs régions cérébrales sont souvent sollicitées dans un même moment pour répondre et traiter une information.

Donald Hebb montre qu’après 18 jours dans un milieu enrichi, les épines dendritiques et les dendrites sont plus nombreuses.

Dans un milieu enrichi ou stimulant, le nombre des dendrites est plus important, ce qui permet plus de connexions avec les autres neurones.

La croissance d’une nouvelle épine prend à peu près 1 heure. La stabilisation de la tête d’épine 12 à 24 heures. Pour rétracter une épine c’est entre 24 et 48 heures. C’est un système qui répond assez vite aux stimulations physiologiques et environnementales.

Les synapses

Les neurones communiquent entre eux via des connexions appelées synapses. Ces voies de communication peuvent se régénérer tout au long de la vie. Chaque fois que de nouvelles connaissances sont acquises et répétées, la communication ou la transmission synaptique entre les neurones impliqués est renforcée. Plus une connexion est forte, plus un neurone peut contribuer à l’activation d’un autre neurone. On parle alors de potentialisation à long terme. De la même façon on peut dépontentialiser une synapse. On parle dans ce cas-là de la plasticité synaptique. Le fait que chaque synapse puisse se réguler tant en matière de potentialisation que de régulation propose également une méta-plasticité ou une plasticité de la plasticité. Les mécanismes fins de très bas niveaux sont là encore très complexes, très interconnectés.

Chaque fois que de nouvelles connaissances sont acquises et répétées, la communication ou la transmission synaptique entre les neurones impliqués est renforcée.

La plasticité induite par l’apprentissage fait intervenir la formation de nouvelles épines dendritiques qui produisent des synapses. Si on élimine ces nouvelles synapses par l’apprentissage, on efface la mémoire liée à ces apprentissages, preuve supplémentaire d’un lien entre ces nouvelles épines dendritiques et le codage de nouveaux souvenirs.

Quand les connexions neuronales s’affaiblissent et disparaissent, nous oublions.

Plasticité des réseaux de neurones

C’est sans doute l’une des découvertes les plus importantes du XXe siècle. Cette grande découverte mène à définir un but clair derrière chaque apprentissage : modifier significativement et durablement les connexions neuronales du cerveau. Savoir que le cerveau peut et doit changer pour apprendre peut certes enrichir notre conception de ce qu’est l’apprentissage, mais cela ne nous indique pas comment favoriser l’apprentissage et les modifications neuronales nécessaires à cet apprentissage. Pour y arriver, il faut aller plus loin : il faut connaître les mécanismes par lesquels les connexions neuronales s’établissent et se renforcent. Autrement dit, il faut connaître les règles qui régissent et influencent la neuroplasticité.

Hebb : “des neurones qui s’activent ensemble se connectent ensemble”  (neurons that fire together wire together).

L’idée centrale dans le modèle de Hebb est que des neurones qui s’activent ensemble se connectent ensemble (neurons that fire together wire together). Autrement dit, si deux neurones près l’un de l’autre s’activent en même temps, ils se connectent ensemble et renforcent leur connexion. Ce renforcement des connexions augmente ainsi la probabilité que ces neurones s’activent de nouveau ensemble. Un cycle de renforcement se produit : les neurones s’activent ensemble et se connectent ensemble, ce qui fait qu’ils s’activent davantage ensemble et qu’ils se connectent ensemble encore davantage. L’activation des neurones est donc centrale à l’établissement des nouvelles connexions.

Une meilleure communication entre les neurones signifie que les signaux électriques voyagent plus efficacement le long du nouveau chemin. Par exemple, lorsque vous essayez de reconnaître un nouvel oiseau, de nouvelles connexions sont établies entre certains neurones. Ainsi, les neurones du cortex visuel déterminent sa couleur, ceux du cortex auditif décodent son chant et, d’autres le nom de l’oiseau. Pour connaître l’oiseau et ses attributs, la couleur, le chant et le nom sont évoqués à plusieurs reprises. En revisitant les circuits neuronaux et en rétablissant la transmission neuronale entre les neurones impliqués, chaque nouvelle tentative améliore l’efficacité de la transmission synaptique. La communication entre les neurones correspondants est améliorée, la cognition devient de plus en plus rapide.

L’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) permet de visualiser de manière indirecte l’activité cérébrale et d’observer comment les zones du cerveau sont stimulées ensemble.

 

Métaphoriquement, le cerveau se comporte comme une forêt. A l’origine, pour se déplacer dans une forêt d’un point A à un point B, il va être nécessaire de créer un passage. A mesure que le passage est emprunté, les éléments (végétation, sol, etc …) vont se transformer et laisser place à un sentier. Si par la suite le sentier n’est plus emprunté, lentement, les herbes, les arbustes et les arbres y reprennent leur place. Le sentier s’efface alors progressivement et il redevient difficile de passer du point A au point B. De la même manière, si on cesse d’activer les réseaux de neurones créés grâce à l’apprentissage, les neurones peuvent réduire la force de leurs connexions. Ils s’activeront donc ensemble de moins en moins spontanément, les réseaux de neurones s’affaibliront puis disparaîtront progressivement. Quand les connexions neuronales s’affaiblissent et disparaissent, nous oublions.

Neurogenèse

Considérant que la plasticité synaptique est obtenue en améliorant la communication dans la synapse entre les neurones existants, la neurogenèse fait référence à la naissance et à la prolifération de nouveaux neurones dans le cerveau.

Chez l’être humain, la neurogenèse adulte se déroule principalement dans quelques régions du cerveau :

  • Le gyrus denté de l’hippocampe – il est impliquée dans les processus de mémoire;
  • Le striatum, structure nerveuse sous-corticale – Il est impliqué dans le mouvement volontaire, la motivation alimentaire ou sexuelle, la gestion de la douleur (via le système dopaminergique) et la cicatrisation voire la régénérescence de certains tissus cérébraux;
  • la zone sous-ventriculaire, située sous la paroi des ventricules latéraux – il est impliqué notamment dans la neurogenèse du bulbe olfactif.

De nouveaux neurones sont produits dans le cerveau chaque jour

La présence d’une neurogenèse fonctionnelle chez l’adulte tout au long de la vie démontre la nature étonnamment plastique du cerveau des mammifères adultes. Il est important de comprendre que l’environnement du système nerveux central adulte joue un rôle important dans la réorganisation structurelle et le développement des nouveaux neurones de la personne adulte. Les neurones matures peuvent être extrêmement plastiques car ils forment constamment de nouvelles connexions synaptiques fonctionnelles avec des neurones nés à l’âge adulte.

Le rôle des cellules gliales dans la plasticité cérébrale

On pensait que la myéline, cette substance blanche qui occupe une grande partie du cerveau, jouait surtout le rôle d’isolant électrique. En réalité, cette membrane est une alliée indispensable des neurones dans les processus d’apprentissage et de mémorisation.

La plupart des expériences sont oubliées. Il arrive que des neurones excités ensemble ne se lient pas entre eux. Ce que nous retenons dépend de notre réaction émotionnelle à une expérience, de sa nouveauté, du lieu et du moment où l’événement s’est produit, de notre niveau d’attention et de motivation pendant l’événement, et du traitement de ces pensées et sentiments pendant le sommeil. En nous focalisant sur la synapse, nous avons construit une vision simpliste de la façon dont on apprend et enregistre les souvenirs associés. De fait, le renforcement d’une synapse ne suffit pas à produire un souvenir, hormis pour les réflexes les plus élémentaires dans des circuits simples. De vastes changements dans tout le cerveau sont nécessaires pour créer un souvenir cohérent.

En 2009, une équipe de chercheurs a observé que des jongleurs avaient une épaisseur de gaine de myéline plus importante dans une certaine zone du cerveau (sous le sillon intrapariétal) que des personnes qui ne jonglaient pas. Puis une équipe suédoise a effectué un travail similaire en comparant des adolescents faisant une heure de piano par jour à d’autres qui pratiquaient six heures par jour. De même, elle a montré que la substance blanche était plus importante dans certaines zones cérébrales de ces derniers. Cela a été le début de toutes sortes de travaux, où des souris apprenaient à faire tourner une roue privée de quelques barreaux. Quand leur capacité de myéliniser des neurones était inhibée, les souris apprenaient plus lentement.

Ces études étaient les premières montrant qu’au cours de l’apprentissage, il y a synthèse de gaine de myéline, ce qui stabilise et accélère la vitesse de conduction des fibres mises en place quand on acquiert ce savoir-faire. Puis une autre découverte a marqué les esprits. On s’est aperçu que les adultes produisent eux aussi de nouveaux oligodendrocytes. On a commencé par croire qu’ils venaient remplacer de vieux oligodendrocytes qui mouraient. Or il se trouve que, justement, ils ne meurent pas. En fait, les nouveaux oligodendrocytes viennent myéliniser des circuits qui ne l’étaient pas. Il s’agit donc vraiment d’apprentissage.

Le rôle des facteurs environnementaux dans la plasticité cérébrale

Notre environnement va jouer encore une fois un rôle majeur dans la neurogenèse, mais aussi dans la plasticité cérébrale, et plus généralement dans notre capacité cognitive.

L’alimentation, l’activité physique, la qualité du sommeil vont avoir un rôle majeur.

Stress, anxiété et épisodes dépressifs vont avoir des effets négatifs :

  • Diminution du volume hypoccampique
  • Diminution de la ramification des dendrites
  • Diminution de la longueur des dendrites
  • Diminution de la neurogenèse

Le stress chronique implique une altération de la fonction hypoccampique.

Le vieillissement marque régulièrement :

  • Diminution de la neurogenèse
  • Perte progressive des capacités mnésiques
  • Déclin olfactif
  • Déclin cognitif

A contrario, un enrichissement environnemental (cognitif, sportif, relationnel) :

  • Améliore les fonctions mnésiques
  • Favorise la neuroprotection

Hypnose et neuroplasticité

Une des leçons de la neuroplasticité est le paradoxe plastique.

Si nous disposons tous au démarrage d’un “potentiel plastique”, certains d’entre nous, plutôt que de développer ces capacités plastiques à travers le nourrissement de la créativité, de la spontanéité, de l’imprévisibilité, vont plutôt s’inscrire dans des tendances routinières, au travail, en famille, dans leurs relations…, en répétant quotidiennement les mêmes faits et gestes. Cette répétition à outrance les amène à ne devenir petit à petit que l’ombre d’eux-mêmes.

En exécutant des actions de façon répétée, celles-ci deviennent de plus en plus faciles, de plus en plus automatiques. C’est aussi le rôle de la plasticité cérébrale. Par conséquent dévier de ses habitudes s’avère de plus en plus difficile.

Comment l’hypnose et les techniques hypnoimaginatives agissent sur la plasticité cérébrale ?

Le stress

La neuroplasticité, qui permet de modifier notre cerveau et d’acquérir une plus grande souplesse, est donc aussi la source de nos comportements les plus rigides. Comme nous le savons déjà, l’hypnose est une technique, avec la méditation, très efficace pour gérer son stress et va permettre d’améliorer la plasticité cérébrale comme nous l’avons vu précédemment.

L’imagination

Les expériences de Pascual Leone ont montré qu’il est possible de modifier et restructurer son cerveau simplement en utilisant son imagination. « J’ai commencé à m’intéresser à la façon dont les aires cérébrales changent quand on ne fait rien d’autre que penser. »
Des sujets dits normaux, assis devant un piano, ont répété un mouvement à 5 doigts, du pouce à l’auriculaire puis de l’auriculaire au pouce. Au bout de quelques jour l’aire cérébrale qui contrôle la flexion des doigts devenait de plus en plus grande. Un autre groupe de personnes imaginaient qu’elles bougeaient les doigts, sans le faire, simplement en le répétant mentalement. Le cerveau a changé exactement de la même manière que celui des individus qui réalisaient véritablement le geste.

Le psychiatre Eric Kandel, lauréat du prix Nobel en 2000, a montré que le fait de penser stimule des gènes à l’intérieur des neurones pour former de nouvelles connections entre les cellules cérébrales.

L’hypnose

Le cortex cingulaire antérieur joue un rôle d’interface important entre l’émotion et la cognition, plus précisément dans la transformation de nos sentiments en intentions et en actions. Il est impliqué dans des fonctions supérieures comme le contrôle de soi sur ses émotions, la concentration sur la résolution d’un problème, la reconnaissance de nos erreurs, la promotion de réponses adaptatives à des conditions changeantes. Ces fonctions impliquent un lien étroit avec nos émotions.

En régulant l’activité du gyrus cingulaire antérieur, l’hypnose va être particulièrement efficace pour gérer ses émotions et permettre de remettre du mouvement dans ses modes de fonctionnement.

Par ailleurs, si on observe que sous hypnose les activations des zones cérébrales sont très proches entre ce qui est réalisé et ce qui est imaginé (comme le montre les illustrations suivantes), l’activation spécifique de certaines régions cérébrales, la désactivation ou la régulation d’autre zone comme l’insula, le cortex cingulaire antérieur, etc…  grâce à l’hypnose va permettre d’activer ou de désactiver ne serait-ce que l’espace d’un instant de nouvelles configurations neuronales en imaginant de nouvelles situations sans le contrôle exacerbé de plusieurs zone corticales.

Sous l’effet d’une émotion forte nous savons également que les connections synaptiques vont se renforcer en étant “survitaminées” via les trains de potentialisation à long terme. L’hypnose permet, le plus souvent, d’induire de fortes émotions agréables et positives pour la personne lors de l’accompagnement.

Suivant le principe désormais acquis que les neurones qui s’activent ensemble se connectent ensemble, que sous le coup d’une émotion forte, ces connections vont avoir tendance à se renforcer, on comprend alors mieux en quoi l’hypnose peut proposer de remodeler certains schémas d’action et de pensée.

Douleur réellement induite à l’aide d’un laser

Douleur induite avec une transe hypnotique

 

Etudes scientifiques sur l’hypnose et la neuroplasticité cérébrale

L’hypnose dissocie le contrôle cognitif des processus de surveillance des conflits du lobe frontal

L’hypnose peut profondément altérer la conscience sensorielle et le traitement cognitif. Alors que les phénomènes cognitifs et comportementaux associés à l’hypnose ont longtemps été considérés comme liés aux processus attentionnels, les mécanismes neuronaux sous-jacents à la susceptibilité à l’induction hypnotique et à la condition hypnotique sont mal compris. Les données d’IRMf ont révélé que l’activité ACC liée au conflit interagissait avec l’hypnose et la susceptibilité hypnotique, en ce que les participants très sensibles présentaient une activité neuronale liée au conflit accrue dans l’état d’hypnose par rapport à la ligne de base, ainsi que par rapport aux sujets à faible sensibilité. L’activité LFC liée au contrôle cognitif, en revanche, ne différait pas entre les groupes et les conditions. Ces données ont été complétées par une diminution de la connectivité fonctionnelle (cohérence de la bande gamma EEG) entre la ligne médiane frontale et les sites du cuir chevelu latéral gauche chez des sujets hautement sensibles après hypnose. Ces résultats suggèrent que les différences individuelles de susceptibilité hypnotique sont liées à l’efficacité du système d’attention frontale, et que la condition hypnotisée est caractérisée par une dissociation fonctionnelle des processus de surveillance des conflits et de contrôle cognitif. (voir l’étude)

Suggestion hypnotique et neurosciences cognitives

L’acceptation croissante de la conscience en tant que champ d’enquête légitime et la disponibilité de l’imagerie fonctionnelle ont ravivé l’intérêt de la recherche pour l’utilisation de l’hypnose et de la suggestion pour manipuler l’expérience subjective et pour mieux comprendre le fonctionnement cognitif sain et pathologique. La recherche actuelle forme deux volets. Le premier comprend des études explorant la nature cognitive et neuronale de l’hypnose elle-même. Le second utilise l’hypnose pour explorer les processus psychologiques connus en utilisant des suggestions spécifiquement ciblées. Une extension de cette seconde approche consiste à utiliser la suggestion hypnotique pour créer des analogues cliniquement informés de troubles neuropsychologiques structurels et fonctionnels établis.(voir l’étude)

Hypnose pour l’analgésie à médiation cingulaire et le traitement de la maladie

Grâce à la neuroimagerie fonctionnelle, un grand nombre d’études cliniques et expérimentales ont montré que les processus hypnotiques modifient les réseaux cérébraux internes (conscience de soi) et externes (conscience environnementale). Des quantifications objectives de ce type permettent la caractérisation des modifications cérébrales après induction hypnotique et ses utilisations en milieu clinique. L’hypnose est une de ces applications, car elle combine l’hypnose et l’anesthésie locale chez les patients subissant une intervention chirurgicale. La puissance de cette technique réside dans le fait d’éviter l’anesthésie générale et ses complications potentielles qui apparaissent pendant et après la chirurgie.(voir l’étude)

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