Qu’est ce que l’hypnose ?

Il était une fois… l’hypnose.

Sa définition même ne fait pas consensus. Pour certaines personne il s’agirait d’un état (dit état de transe), pour d’autre il s’agirait d’un mode de communication, pour d’autres encore l’hypnose est un art, un mode de vie, une philosophie, ou plus simplement un outil d’accompagnement. C’est peut-être un peu tout à la fois…

définition de l'hypnose

L’état d’hypnose est un état particulier dans lequel notre imagination est plus active, notre sensibilité plus grande. Un peu comme dans le rêve, on sort de la réalité habituelle, pour aller dans une réalité plus symbolique et plus intérieure. C’est un état qui favorise l’apprentissage, l’acquisition des compétences, qui libère tout simplement et qui est au service de l’introspection, de la découverte de soi.

L’état d’hypnose que nous allons construire lors d’une séance s’inspire de ces états naturels, les recréée, les intensifie tout en les canalisant. Dans tous les cas nous leur donnons une direction, une mission : aller vers votre objectif !

Séance individuelle / couple

– 1h30 –

hypnose à Bordeaux

Vous habitez Bordeaux ou sa région, je vous accueille au cabinet médical du 118 au Bouscat.

SOMMAIRE

Définition de l’hypnose

L’hypnose , état psychologique particulier avec certains attributs physiologiques, ne ressemble à un sommeil que superficiellement et est caractérisé par un fonctionnement de l’individu à un niveau de conscience autre que l’état de conscience ordinaire. Cet état se caractérise par un degré accru de réceptivité et de réactivité dans lequel les perceptions expérimentales internes ont autant de signification que celles généralement données à la réalité extérieure.

Dans un état hypnotique, un individu a tendance à voir, à sentir, à se sentir et à se percevoir autrement, conformément aux suggestions proposées par l’hypnotiseur, même si ces suggestions peuvent être en contradiction apparente avec les stimuli réels présents dans l’environnement. Les effets de l’hypnose ne se limitent pas aux changements sensoriels. Elle peut permettre une conscience de soi étendue. Les effets des suggestions peuvent être prolongés (de manière post-hypnotique) dans l’activité de veille ultérieure du sujet.

L’état d’hypnose, une réalité quotidienne

Nous avons tous des états connus, habituels qui nous semblent ordinaires, dans lesquels nous sommes en capacité à nous repérer, à interagir, à nous identifier à ce que nous vivons, faisons et pensons. C’est ce que certains nomment un état “normal”. Il varie en fonction des émotions qui nous traversent, de l’état de fatigue. Nous n’aurons alors pas les mêmes réactions, les mêmes associations d’idées.

Parfois, nous nous décalons de notre état ordinaire. Il nous arrivent alors d’utiliser des expressions comme : “je ne suis pas moi-même”, “je suis à coté de moi”, “je suis hors de moi”, “je suis ailleurs”.

Certains éléments favorisent ce décalage et nous approchent d’un état d’hypnose.

Quand vous lisez un livre, que vous allez au cinéma, et que vous êtes comme absorbés par l’histoire, vous commencez à vivre ce que vivent les personnages, à ressentir un lieu, à percevoir les sentiments, les émotions. Pourtant ce ne sont que des mots couchés sur le papier ou un acteur qui a appris un texte par cœur.

Un certain cadrage cinématographique, comme un style d’écriture, quand il nous touche, nous sort de notre état ordinaire, de la réalité du moment, et nous permet de vivre l’histoire. Nous oublions le contexte environnant (la salle de cinéma, les personnes qui nous entourent), le temps, nous oublions qui nous sommes …

Le “faux”, les mots, les images, le son sont autant de suggestions qui créent une réalité interne. L’émotion que nous ressentons alors est vraie. C’est exactement ce qui se passe dans un mécanisme d’hypnose.

Le même processus opère lorsque vous êtes dans une rêverie, quand vos pensées dérivent, quand vous écoutez quelque chose, une musique, ou que vous regardez un paysage, un tableau, que vos pensées par association d’idées vont parfois très loin, que vous perdez le contact avec le présent, là aussi, vous êtes très proches d’un état d’hypnose.

L’état d’hypnose est donc un état naturel, une réalité quotidienne que nous connaissons tous.

L’hypnose alors qu’est ce que c’est ?

L’hypnose est le prolongement de tous ces états, elle commence quand le praticien arrive à toucher personnellement quelqu’un, entrer dans son monde, trouver une résonance avec cette personne et à se servir de cette connexion pour l’amener de plus en plus loin d’elle-même. A ce moment, c’est à dire quand nous ne sommes pas seulement absorbés par quelque chose, mais quand nous sortons tellement de nous-même, que nous en oublions pendant quelques instants la réalité ordinaire, que nous sortons de notre état de conscience.

Quand une personne sort de son état de conscience ordinaire, elle est capable d’avoir un autre schéma de pensée. Elle est capable d’accéder à des parties d’elle-même qui d’habitude ne sont pas très accessibles.

Nous n’avons pas une identité figée, une nature figée, nous sommes multiples. Cette multiplicité est très forte dans l’enfance. Puis, généralement, l’identité se fige pour devenir encombrante voire emprisonnante. Parallèlement, l’état de conscience se réduit, comme s’il avait de moins en moins d’occasions de s’échapper de cette construction que nous ne parvenons pas à changer, qui nous déplait, qui nous fatigue parfois comme si la porte s’était un peu refermée sur cet état de conscience et que nous avions perdu la clef pour en sortir.

L’hypnotiseur est quelqu’un qui peut vous rappeler que vous avez plusieurs états de conscience qui ne sont pas si loin que ça, qui sont toujours accessibles, qu’il n’y a peut-être que quelques petites peurs à dépasser ou peut-être juste à connaître le chemin pour aller franchir la barrière que nous nous sommes construite à un moment donné, et passer de l’autre coté.

De l’autre coté de cette barrière nous pouvons nous reconnecter à des ressources laissées de coté, des mémoires oubliées, à notre imagination, une créativité peut-être plus vaste, qui n’a pas de limites, en tous cas pas celles que nous nous mettons habituellement.

Cela a surtout des applications dans la connaissance de soi. C’est une manière de recréer un pont à l’intérieur de soi pour reconnecter toutes les petites parties à l’intérieur, les faire communiquer, de décloisonner ce que nous nous sommes construit.

Voilà une des définitions que nous pourrions donner de l’hypnose. L’hypnose, c’est l’accès à toutes ces parties là, habituellement hors de notre portée.

Au fil des siècles, des auteurs ont proposé des définitions de l’hypnose

L’état d’hypnose est l’état dans lequel l’apprentissage et l’ouverture au changement peuvent se produire plus aisément. Elle ne relève pas d’un état de sommeil induit. Les patients ne sont pas mis sous l’influence du thérapeute, ni dépossédés de leur contrôle et placé sous la dépendance d’autrui. – Milton H. ERICKSON.

L’hypnose est un état de conscience altéré. Il se caractérise par une capacité accrue à produire des changements souhaitables dans les habitudes, les motivations, l’image de soi et le style de vie. Des modifications peuvent être produites dans des fonctions physiologiques telles que la douleur, qui sont habituellement inaccessibles à l’influence psychologique. – Crasilneck & Hall.

L’hypnose est une dissociation de la conscience de la majorité des événements sensoriels et même strictement neuronaux qui se déroulent. – Weitzenhoffer.

Un état dans lequel les facettes mentales critiques sont temporairement suspendues, et où la personne utilise principalement l’imagination ou les processus de pensées primaires. – Daniel Araoz

État de conscience particulier, entre la veille et le sommeil, provoqué par la suggestion. Ensemble des techniques permettant de provoquer un état d’hypnose, utilisées notamment au cours de certaines psychothérapies. – Dictionnaire Larousse

Etat voisin du sommeil provoqué par des suggestions, des actions physiques ou mécaniques, ou par des médicaments hypnotiques – Dictionnaire, le petit Robert

Ainsi, l’état d’hypnose est aussi complexe à définir que la conscience, l’inconscient ou encore un état “normal”.

Question fréquentes à propos de l’hypnose

Une personne sous hypnose est endormie ou inconsciente.

C’est probablement l’idée fausse la plus commune à propos de l’hypnose. Vous ne perdez jamais votre conscience ni ne dormez sous hypnose. Au contraire, vous gagnez du contrôle sur vous même. Tous les niveaux d’hypnose sont caractérisés par une attention accrue, et c’est cette concentration accrue qui augmente votre réceptivité à la suggestion.

Sous hypnose, vous serez conscient de tout, sauf à ce qu’une amnésie spécifique soit proposée à des fins thérapeutiques.

Il est possible que vous ayez le sentiment d’osciller entre le sommeil et l’éveil tout au long de la séance d’hypnose et qu’après la séance, vous ayez des souvenirs qui soient proches de ceux que l’on peut avoir à la fin d’un rêve lors d’une sieste ou au réveil.

Les études montrent aujourd’hui que la transe hypnotique est au contraire un état très actif.

J’ai peur de perdre le contrôle – de faire ce que je ne souhaite pas

La plupart des hypnotiseurs de scène créent l’illusion qu’ils possèdent un pouvoir magique et mystérieux sur d’autres personnes. En fait, il n’existe pas de «puissance». L’hypnose est un état de consentement et de coopération. Vous ne perdez jamais votre conscience ni ne dormez sous hypnose. Au contraire, vous gagnez du contrôle sur vous même, le seul contrôle que l’hypnothérapeute a sur vous est le contrôle que vous lui permettez d’avoir.

Tout au long du processus, vous pouvez mettre fin à votre état d’hypnose et vous ne ferez pas ce que vous ne voudriez pas faire dans un état normal.

Je ne suis pas hypnotisable.

Il ne s’agit pas de savoir si vous pouvez ou non être hypnotisé, mais si vous vous permettez d’entrer en hypnose. Aussi le rapport entre le praticien en hypnose et la personne accompagnée doit être de confiance.

La plupart des gens entrent en hypnose facilement une fois qu’ils comprennent qu’ils sont conscients et qu’ils ne perdent pas le contrôle ni leur volonté.

Si je rencontre très régulièrement des personnes en cabinet qui pensaient ne pas être hypnotisable, après qu’on leur ait simplement dit qu’il ne l’était pas, qu’il se rassurent ! Cela raconte plus une histoire sur l’hypnotiseur qu’il ont rencontré que sur eux même…

Tout le monde est hypnotisable. Comme dans tous les domaines de la vie, certaines personnes auront des aptitudes plus naturelles à atteindre des états hypnotiques plus importants (ou transe profonde), pour les autres il faudra peut-être un peu plus de temps et s’entrainer…

La profondeur de la transe est importante

Non. Toutes les personnes semblent être en mesure d’atteindre des états hypnotiques suffisants pour provoquer le changement. Des transes très légères permettent d’atteindre la plupart des objectifs thérapeutiques.

L’entrainement et la répétition des séances, peut améliorer la profondeur de transe, mais ne vous rend pas nécessairement plus suggestif.

Une personne sous hypnose pourrait révéler ses secrets les plus profonds.

Vous ne perdez pas le contrôle ni ne révélez des secrets personnels sous hypnose, sauf si vous souhaitez le faire.

Je peux rester bloqué dans un état d’hypnose, ne jamais en sortir.

C’est impossible, aucun cas n’a d’ailleurs été enregistré au cours de l’histoire.

De nombreuses études scientifiques montrent que même un sujet très sensible à l’état hypnotique, laissé seul, sort de sa transe hypnotique spontanément au bout de vingt minutes, en moyenne… ou s’endort paisiblement d’un sommeil naturel réparateur.

Si cela devait arriver, j’aurais l’élégance de vous réveiller en douceur…

Combien faut-il de séances ?

Certaines personnes imaginent que l’hypnose comme par magie ou par miracle, va les plonger dans l’inconscience et que le praticien en hypnose va les délivrer de leurs maux en une ou deux séances.

Si beaucoup de personnes peuvent changer en une ou deux séances, tout va aussi dépendre de la nature de ce que la personne souhaite effectuer, de sa volonté de changement, et de son engagement dans la démarche.

Si le problème peut se résoudre en une ou deux séances, tant mieux ! Je ne suis pas un adepte des prolongations.

Je suis parfois surpris de voir des patients (très peu fort heureusement!) ayant déjà expérimenté plusieurs thérapies pendant plusieurs années, se décourager dès leur deuxième séance d’hypnose.

L’hypnose dans le monde médical

Les études effectuées par Mark Jensen montre une diminution de la douleur mais soulignent en plus d’autres effets bénéfiques.

Les patients dorment mieux, se sentent plus calmes et contrôlent mieux leurs émotions.

« L’hypnose a donc des effets secondaires, mais qui sont tous positifs.

Si vous comparez à des traitements médicamenteux contre la douleur, ils peuvent causer de la constipation, des troubles respiratoires, des réactions d’intolérance ou au contraire d’addiction.

Si on trouvait un médicament qui ait les mêmes effets que l’hypnose sur la douleur, qui en plus vous procure une sensation de bien-être, de calme et de contrôle, ce médicament aurait un succès phénoménal. Tout le monde le voudrait.

Mais avec l’hypnose c’est gratuit. Une fois que vous l’avez appris, cela vous appartient.»

Depuis quelques années, certains praticiens redécouvrent les vertus de l’hypnose, notamment pour l’anesthésie lors d’opérations chirurgicales. Au CHU de Liège par exemple où certaines opérations se réalisent sous hypnose. 8000 patients ont déjà été opérés avec un couplage d’hypnose et d’anesthésie locale.

L’hypno sédation permet de réduire fortement le stress de l’opération et la sécrétion d’hormones qui y sont liées. Plus étonnant encore, l’hypno sédation, par rapport à une anesthésie générale, réduit l’intensité de la réaction inflammatoire et accélère la récupération post opératoire.

Du point de vue du chirurgien, l’hypno sédation a aussi ses avantages, en contrôlant par exemple les saignements. Le patient étant dans un état plus naturel, il y a un meilleur contrôle du système vasomoteur que sous anesthésie générale.

En France, il a fallu attendre 2013 pour que l’hypnose médicale soit reconnue par l’assistance publique.

Le Docteur Jean Marc Benhaiem explique :

« Toutes les études médicales sont faites sur une compréhension intellectuelle, mais l’hypnose ouvre sur un autre champ, plutôt sensoriel ».

L’engouement du monde médical résulte des effets bénéfiques de l’hypnose, constatés au quotidien par les équipes soignantes.

Évaluation des effets de l’hypnose

La question est aujourd’hui d’évaluer ses effets, scientifiquement.

L’évaluation des bénéfices de l’hypnose intéresse les institutions officielles de santé comme l’INSERM en France.

Si les effets de l’hypnose sur la douleur sont aujourd’hui prouvés par de nombreuses études, en France l’approche reste timide sur ce type de thérapie.

Juliette Gueguen – INSERM explique :

« Évaluer l’hypnose c’est en effet plus complexe que d’évaluer un médicament parce que nous ne sommes pas en train de chercher si la molécule chimique que l’on administre à un effet spécifique, mais de prendre en compte une intervention où il y a potentiellement plusieurs composantes qui entrent en jeu, parfois de manière synergique, où la relation entre le praticien et le patient joue un rôle majeur. »

L’autre difficulté pour évaluer l’hypnose vient du fait que certaines personnes y sont plus sensibles que d’autres.

David Spiegel – psychiatre à l’université de Stanford – a développé un rapide test pour évaluer la réceptivité aux suggestions.

Ses études montrent une particularité des sujets fortement hypnotisables, en repérant des activités cérébrales spécifiques qui expliquent selon lui l’état d’absorption que l’on peut avoir en hypnose, qui permet de s’engager complètement dans une expérience.

Une personne fortement hypnotisable ne juge donc pas de l’expérience ce qu’on lui propose, elle y participe sans l’analyser, sans pensées parasites.

L’hypnose de spectacle

C’est sur cette absorption totale que s’appuient les hypnotiseurs de spectacle.

Messmer, le célèbre hypnotiseur canadien, va sélectionner dans le public les individus les plus sensibles, avec qui il va composer son spectacle.

Messmer explique :

« Je fais un test de réceptivité où je vais chercher les 15% environ des plus sensibles de l’auditoire. Je leur demande de monter sur scène et là, en moins de 5 secondes, ils tombent dans un état de sommeil.

Ce sont des techniques que j’ai développées avec les années, qui fait la différence avec l’hypnose de thérapie.

Sur scène, je pratique une hypnose un peu plus profonde, la personne rentre dans un état hypnotique somnambulique, elle peut entendre les sons environnants, mais en même temps elle est dans le rêve qu’on lui propose, elle est dans l’imaginaire qu’on lui propose.

Certaines personnes ont peur de l’hypnose et c’est normal, parce qu’on ne sait pas vraiment ce que c’est que l’hypnose.

Ce n’est pas dangereux, ce n’est pas un contrôle entre l’hypnotiseur et l’hypnotisé, il y a une complicité qui va se créer entre les deux, plutôt qu’un contrôle.

On doit se rassurer parce que si, sous hypnose, ça devient trop difficile moralement à accepter, ou si physiquement c’est trop difficile à réaliser, le sujet va se réveiller ou va bloquer la suggestion.»

C’est justement la possibilité de nous plonger dans une expérience sensorielle factice qui donne à l’hypnose le pouvoir de nous changer.

Champs d’utilisation de l’hypnose

Amir Raz – psychiatre à l’université de Mc Guill – Canada explique :

«  Nous sommes souvent enfermés dans une façon de nous voir et de nous comporter, et ce que l’hypnose permet, c’est de modifier l’image que nous avons de nous, changer de point de vue.

Ce changement de point de vue nous permet souvent de modifier nos comportements, car nous réalisons que nous avons le pouvoir de reprendre le contrôle de nos actions qui nous échappaient avant.

Ce que nous avons démontré, c’est que chez certaines personnes il est possible de déprogrammer, sous hypnose, des comportements et des perceptions qu’on pensait fortement automatiques.

Cela soulève des questions très importantes sur la façon dont nous pouvons agir sur le comportement humain et d’aider certaines personnes à changer.

Beaucoup de comportements dont nous souffrons, dans lesquels nous sommes enfermés et dont nous n’arrivons pas à nous libérer, sont souvent des comportements qui deviennent automatiques.»

Selon, Adrian Chaboche – médecin généraliste :

« Quand on interroge quelqu’un qui fume, il sait que ça coûte cher, que ça le tue, que ça sent mauvais et que ça a mauvais goût. Et la raison n’a plus raison, donc ça devient irrationnel.

Repasser dans la sensorialité permet de repasser à quelque chose de primordial, naturel. L’objet de l’angoisse, que ce soit le travail, les phobies, un lien d’addiction, va se désarmer.»

Pour Jean Marc Benhaiem :

«  La personne doit sentir que le réflexe qui doit la guérir doit venir non pas du raisonnement, mais d’une perception corporelle. Donc, finalement, l’hypnose fait réapparaitre le corps.»

En résumé, l’hypnose fait plus ressentir que comprendre.

Sportifs de haut niveau

Cette zone de conscience entre le sommeil et l’état de veille permet à notre cerveau de fonctionner sur un autre mode. On peut ressentir ou vivre mentalement une situation sans le filtre de la rationalité.

Le pouvoir d’imaginer une action et de visualiser sous hypnose est de plus en plus sollicité dans la préparation mentale des athlètes de haut niveau.

Jack Singer, qui travaille sous hypnose avec des sportifs de haut niveau, donne à ses athlètes la faculté d’agir sur différents leviers : la gestion du stress, la faculté de concentration, la mobilisation des émotions positives, la visualisation de l’objectif.

Une athlète aussi titrée que Kyla Ross, championne olympique et championne du monde en gymnastique, sait bien que le mental est essentiel. « Je voulais vraiment travailler sur ma confiance. Il faut croire en soi et sur ce point, avec l’hypnose, j’ai vraiment ressenti une amélioration » dit-elle.

Bertrand Picard – Solar impulse

Pour préparer ses défis qui exigeront 100% de ses ressources physiques et mentales sur ses voyages, Bertrand Picard se tourne, lui, vers l’hypnose.

« J’ai commencé l’hypnose au moment où j’avais besoin de préparer mes rythmes de sommeil et de veille. Pour ma première course transatlantique en ballon, j’avais très peur d’être harassé de fatigue et que je ne parvienne pas assez à me régénérer, et c’est là que j’ai commencé à prendre des cours d’hypnose sans savoir encore tout ce qu’il y avait derrière.

L’hypnose a toujours ce côté magique dans l’esprit des gens et je l’avais aussi dans ma propre tête quand j’ai commencé.

Mais ce qui est magique, ce n’est pas l’hypnose. C’est l’être humain quand il sort de sa zone de confort et qu’il a des outils pour être plus en relation avec lui même, avec ses ressources intérieures. »

Lors de l’odyssée « Solar Impulse » durant laquelle Bertrand Picard était seul dans le cockpit pendant plusieurs jours consécutifs, l’hypnose a été un appui essentiel. Elle l’a aidé à rester concentré, à gérer certaines situations, et c’est surtout grâce à elle qu’il a optimisé ses courtes phases de repos.

Ce qui est intéressant dit-il « C’est que ce n’est pas une mise en sommeil au sens où on l’entend habituellement mais en quelques secondes une mise en complète relaxation qui fait qu’on se repose et qu’on se régénère déjà énormément. Dans le cockpit, les moments où je me suis le mieux régénéré c’était dans ces moments hypnotiques, plus efficaces que quand je dormais vraiment.»

Aujourd’hui ce psychiatre inclut l’hypnose dans son hygiène de vie.

« L’hypnose c’est quelque chose que l’on peut faire dans sa vie de tous les jours. Il n’y a pas besoin d’aller faire le tour du monde pour ça … ».

Il souhaite que l’hypnose ne soit plus réservée aux initiés.

« Les médecins essayent de garder tout ce qui est hypnose à l’intérieur du monde médical comme une technique à appliquer sur leurs patients. Je prône l’inverse. Je pense que l’hypnose doit être entièrement enseignée au maximum de gens possible pour qu’ils puissent l’utiliser. Pour les enfants : préparer leurs examens, leur rapport à la vie ou la relation à leurs parents, c’est quelque chose qu’on doit enseigner, qu’on doit développer et qu’on doit rendre accessible à tout le monde.»

Kevin Finel – ARCHE

C’est dans cet esprit que l’école de formation créée par Kevin Finel (l’ARCHE) propose du cabinet public pour découvrir ce qu’est l’hypnose.

« L’idée des cabinets publics, c’est de rendre compréhensible la démarche de l’hypnose. Avant, je faisais des conférences assez classiques, assez théoriques, pour expliquer ce qu’est cet état-là, pour le démystifier, pour montrer aux personnes qu’il y avait des choses qui était possibles avec, que ce n’était pas en soi médical mais que c’était une exploration de soi.

J’avais souvent des gens qui étaient d’accord avec le discours mais qui ne voyaient toujours pas ce qu’était l’hypnose.

Je me suis dit qu’il y avait peut-être besoin d’une démonstration pour expliquer.

En le montrant, les gens s’aperçoivent que c’est quelque chose qui peut être très doux, qu’il n’y a pas de prise de pouvoir sur une personne, que ce n’est pas ça l’hypnose.

L’hypnose c’est avant tout de donner à l’autre du pouvoir sur lui et ça, les gens le comprennent quand ils le voient, qu’ils voient que je permets au gens de rentrer dans cet état-là, et que c’est eux qui y vont, s’ils ont envie d’y aller et s’ils sentent que c’est bon pour eux d’y aller.

On se pose des questions dans un état étendu de conscience, ce qui va amener plein de nouvelles compréhensions, à un autre niveau de nous-même. De nouvelles connexions vont se faire.»

Pour conclure

L’hypnose est un révélateur de la formidable puissance de notre cerveau.

Amir RAZ pour conclure : « Ce que nous démontrons c’est que penser à quelque chose peut amener un changement important dans la perception.

Notre cerveau est tellement puissant que ce qui se passe à l’intérieur est plus important que ce qui se passe à l’extérieur. En fait, cela montre que nous vivons dans notre cerveau.»

Lorsqu’elle est entrée dans les laboratoires de recherche, l’hypnose a fait peau neuve. Le public a cessé de la considérer comme une pratique confinant à la magie et à la sorcellerie.

On sait désormais qu’elle agit de telle sorte qu’elle active un état de conscience particulier et que cet état de conscience peut être mis à profit en médecine, et dans de nombreux autres domaines.

De même qu’on peut améliorer les performances physiques, on peut améliorer les performances cognitives comme l’apprentissage ou la mémoire.

En comprenant mieux la science de l’hypnose, on voit que c’est un état naturel qui peut nous faire du bien, et de plus en plus de gens se sentent en confiance vis à vis de l’hypnose.

Attention cependant, la disponibilité mentale rend vulnérable aux influences.

L’éthique doit être le maître mot de l’hypnotiseur, et la relation avec ses sujets doit être fondée sur la confiance.

Si la science commence à comprendre les fabuleux pouvoirs de l’hypnose, beaucoup restent à découvrir sur une pratique dont les mécanismes sont intimement liés à la complexité de notre cerveau et de son fonctionnement encore très mystérieux.

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